Historique

Le fort de Saint-Menge est situé à 7,5 km au nord-ouest de Langres. Croisant ses feux avec ceux des forts de Dampierre et de la Pointe de Diamant, il assurait la protection du secteur nord-ouest de la place de Langres. Sa position avancée lui permettait de contrôler la vallée de la Marne, le canal de la Saône à la Marne, ainsi que la route et la voie ferrée allant de Langres à Chaumont. Prévu dès 1873, il est construit de 1875 à 1878 et connaît quelques réaménagements dans les années 1880-1890.

Le fort de Saint-Menge est un ouvrage complexe. Il se compose d'un réduit à cavalier épaulé par deux batteries et précédé, sur son front de tête, par une enveloppe accueillant en capitale une batterie. Le réduit occupe la partie centrale du plateau dont les pentes sont surveillées par les batteries latérales. Son enveloppe, qui abrite divers magasins légers, couronne toute la partie du plateau située en avant du réduit. De plan trapézoïdal, ce dernier possède un cavalier à cinq faces abritant les casernements ainsi que les locaux de subsistance et de maintenance. On dénombre parmi ceux-ci huit casemates réservées aux officiers, un casernement prévu pour 790 hommes, une infirmerie de 50 lits, de nombreuses casemates-magasins, une citerne, un puits à pompe et un four.

Le fort est aussi doté de deux magasins à poudre, d'une largeur exceptionnelle de 8 m, dont la capacité de stockage est complétée vers 1885 par la réalisation d'un magasin-caverne avec monte-charge.

La défense rapprochée du réduit est assurée par deux caponnières doubles situées dans les angles ouest et est des fossés ; les volets de protection de leurs ouvertures de tir sont, pour certaines, encore en place. Les pentes dominées par l'enveloppe et les batteries annexes sont quant à elles surveillées à partir de chemins de ronde et de petites tours, ou bastionnets, implantés sur des éminences rocheuses.

Caractéristiques

Construction : 1874 – 1881.
Nature : Fort de ceinture.
Forme : Trapézoïdal.
Situation : 7 500 m au Nord-Ouest de Langres.
Altitude : 443 m.
Superficie : 22 hectares.
Capacité : 800 hommes dont 19 officiers et 37 s/officiers.
Armement : 68 pièces au total dont 55 pièces de rempart, 3 pièces à tirs indirects et 10 pièces de flanquement.
Ouvrages proches : 2 batteries annexes (accolées).
Approvisionnement en eau :
Eaux artificielles : Système ROUBY avec citerne de 200 m3.
Eaux naturelles : Puits de 26 m (10 m3 /24 h) - Sources naturelles à Jorquenay dont la principale (10 m3 /24 h).
Eaux usées : Ecoulement sur les chapes puis des caniveaux vers les fossés et les puisards ou hors du fort. 2 latrines sur fosses fixes.
Propriétaire privé : le fort est en cours de travaux de réhabilitation.

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Plan

1 - Corps de garde
2 - Bâtiment des officiers
3 - Magasins à poudre
4 - Bâtiment de la troupe
5 - Puit à pompe
6 - Caponières doubles

Visite : L'accès au fort est strictement interdit.

 

Photo
Photo, © Jean-François Feutriez

Ou fort de Ligniville

René De LIGNIVILLE
Comte – général, premier préfet du département, député. Issu d’une famille ancienne de Lorraine, alliée aux grandes familles du Bassigny. Né à Herbeviller en 1757.

En 1791, il est colonel au régiment de Condé. Nommé Maréchal de Camp, il prend en 1792 le commandement de la place de Verdun, puis passe à l’armée de LA FAYETTE. Il commandait dans Montmedy contre les prussiens et fit une proclamation contre le manifeste de Brunswick*. Compromis avec DUMOURIEZ, il obtint avec peine sa liberté. Au 18 Brumaire, il est sans emploi. Le 1er Consul l’appelle à la préfecture de la Haute-Marne (du 23 Ventose de l’An VIII au 23 Germinal de l’An X). Il est ensuite député de la Haute Marne (1801-1807). Il meurt en 1813 au château de Raucourt (Meuse) en tant qu’inspecteur des Haras.

Note : Le chœur de la cathédrale restait aux constitutionnels en 1800. Ceux-ci étaient soutenus par le préfet LIGNIVILLE. Par contre la municipalité et le sous-préfet BERTHOT exigeaient d’eux de prendre en charge les réparations. La signature du concordat et le départ du préfet, remplacé par le très catholique JERPHANION, provoquèrent le retour des catholiques à St Mammès. Mais l’édifice avait triste allure en 1801, selon le rapport des experts MESCHINI et ZANON.

* manifeste écrit par un émigré et signé Brunswick le 25 juillet1792 ; il menaçait directement Paris de destruction, ce qui entraîna la violence du 10 août 1792.

La double dénomination des forts de Langres

Dès l'élaboration de leurs projets de construction, les forts reçoivent un nom qui, pour des raisons pratiques, se rattache généralement à la toponymie du site d'implantation de l'ouvrage (lieu-dit, cours d'eau, etc.). Mais en  1886-1887, le général Boulanger, alors ministre de la Guerre, décide d'attribuer aux casernes et aux forts des noms propres rappelant des militaires ou des batailles illustres.
Aussi les forts de Langres ont-ils été baptisés, comme en témoignent les inscriptions figurant encore sur l'entablement de chacune des portes d'entrée.

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